Hier tu es venu me voir dès ton arrivée, passant toute la journée à mes côtés. Cela m’avait énormément touchée. Assis à côte de moi, me caressant les cheveux et me donnant des conseils pour me remonter le moral, avec des larmes aux yeux je n'ai pas eu le courage de t’avouer la cause de la maladie pour laquelle je souffre tant. Nous avions causé de tout, mais sauf la vérité que je dois te faire savoir, car cela importe beaucoup pour moi, et je préfère libérer ma conscience. J’ai toujours été heureuse avec toi, et aujourd’hui je garde encore de bons souvenirs qui faisaient de moi la princesse de l’amour. Je voudrais que tu lises mot par mot, phrase par phrase et lettre par lettre afin de mieux comprendre et ne pas te mettre en colère pour ce que je vais t’avouer, mais après tout sache que je t’aime aujourd’hui, demain, pour toujours.
Durant ton absence, la solitude m’avait envahie, sans avoir conscience de garder l’image de la femme que je représente, j’ai eu des relations avec un type du genre gentleman nommé Alexandre ayant la quarantaine qui me faisait la cour. Il me suivait comme mon ombre, souvent il m’invitait pour aller au cinéma, pour dîner, soit aller dans les soirées, choses que je faisais avec toi. Chaque semaine, il me donnait de l’argent pour mes besoins, à la longue j’ai fini par désister parce que j’avais vu en lui un homme bien. J’avais désister parce que constatant ton absence je pouvais m’épanouir juste un moment pour ne pas être attrister, mais rien en lui ne pouvait me faire t’oublier. Ce qui m’attirait en lui le plus était son argent.Je crois mon cher Hadjia, si tu étais là, je n’aurais jamais eu le courage d’agir ainsi. Durant deux mois de bon flirt avec Alexandre, je suis tombée enceinte, et quand je me suis déplacée pour le lui dire, il a catégoriquement refusé la grossesse. Je ne savais où donner la tête, prise de vertige et de pleurs, seul le désespoir accompagnait mes pas. Si ma mère l’apprenait et mon père surtout…L’homme que je glorifiais responsable face à ses actes n’était simplement que le diable en personne venu gâcher ma triste et petite vie.Après tant de réflexions, une seule, et la bonne manière à moi de m’en sortir était l’avortement ou me suicider pour être libre, libre loin de la honte, libre loin de mes très chers parents bien aimés, toi mon amour et tous les autres, afin d’aller vers une autre destination pour refaire ma vie et ne plus tomber dans les mêmes erreurs que je viens de commettre.
L’avortement réussit à l’aide d’écorces d’arbres et de racines, disons toutes les potions pouvant faire disparaître en moi cette grossesse non désirée.Mais ma joie était de courte durée, l’avortement m’a causé des infections et des douleurs trop fortes au niveau de l’utérus, et j’en souffre énormément. Deux semaines après, j’eus des maux de ventre, tout mon corps brûlait à réchaud. Je transpirais de partout, on pouvait au moins recueillir deux sceaux d'eau de sueur. Durant tout ce temps, le mal m’a rongée jusqu’à devenir maigre comme une brindille de balais. L’argent m’a séduite en te trompant, en voulant mener une double vie sexuelle sans utilisation des préservatifs qui pouvaient me mettre à l’abri de toutes infections sexuellement transmissibles, résultat je perds ma valeur de jeune fille, mon intelligence et mon ambition.
Depuis le refus de mon ventre, je ne l’ai plus revu jusqu’à ce jour. Par mes renseignements auprès de son logeur, il a quitté la ville pour une destination inconnue. C’est après que mon père et ma mère ont su la vérité. Maudit sois le jour où j’ai croisé cet imbécile soit disant homme d’affaire.
Malgré l’ultime trahison que tu ignorais, tu es venu me couvrir de baisers, de caresses et de cadeaux. J’avais senti une certaine tristesse en toi en me voyant, peu après tu t’es défait de cette angoisse, intuition de femme. Je sais ce que tu penses de moi, n’aies pas pitié de moi car c’est le prix que je dois payer. Maintenant tu sais quel genre de fille je suis, mais mon vœu le plus cher est que tu me pardonne de tout ton cœur. Toute erreur demande le pardon quelques soit la haine que tu auras pour moi.
Permet que je puisse te voir encore une ou plusieurs fois avant que je ne parte, là où seul les morts ont leurs places, car je sais que tout est fini pour moi. Et si la mort est le prix que je dois payer pour conseiller à d’autres filles que tomber enceinte et avoir un enfant n’est pas une fatalité, alors ma mort sera justifier. Et s’il m’était permit de refaire ma vie, le monde de la fidélité serait mon île.
Je voudrais que tu saches mon cher Hadjia, combien de fois l’amour que j’éprouve pour toi est si fort, et que de toute ma vie tu es et tu resteras l’unique homme que j’aime dans la vie. Aujourd’hui je suis comme un naufrager au milieu de l’océan, rien que de l’eau autour de moi prêt à me noyer, et là, dans cette tristesse, tristement je ne pense qu’à toi, car seul ton amour et ton pardon peuvent apporter la paix et me sauver de ce lourd fardeau qui pèse dans mon cœur au moins là ou celui qui m’a crée veut m’emmener. Moi je ne peux ramer sans rame, et je ne peux quitter sans larmes celui que j’aime de tout mon cœur. Rappelle-toi de moi mais sache que même née avec la beauté, elle ne reste jamais éternelle.
Celle qui t’aime.
tu es bénie Appiah!!!!